NICOLE  VIRTUE


 L’Art est un axe où se greffent
l’audace, le risque, la liberté !

POSTFACE

 

Au Sénégal aujourd’hui, à l’instar de la plupart des pays qui ont aboli la peine de mort, le débat reste vif entre les tenants de l’abolition et ceux qui souhaiteraient retourner à la loi du talion ou à des méthodes vengeresses toujours susceptibles de largement déborder la gravité de l’acte commis.

Pourquoi un roman qui met en scène, entre autres, la peine de mort, dans un pays qui a l’abolie ? Pour aider à comprendre que les injustices d’hier peuvent toujours se répéter, si l’on redonne au pouvoir, ou à qui le manipule, la possibilité d’abuser de la loi.


Le roman Dakar –La dernière exécution est une fiction, délimitée toutefois par la réalité sénégalaise : c'est en 1967, à Dakar, qu'un jeune homme, Moustapha Lô, de confession musulmane, fut condamné à la peine de mort, par un tribunal d'exception pour avoir tenté d'abattre le premier Président du Sénégal, Léonard Sédar Senghor, qui était de foi chrétienne.


Ce fait historique m'a insufflé l'élan indispensable à la rédaction d'un récit traitant des injustices sociales autant que des abus de pouvoir au Sénégal. J’en ai écrit la trame en 2004, à Dakar, dans l’effervescence du débat précédent l’abolition de la peine de mort, le 20 décembre 2004, sous la présidence d’Abdoulaye Wade.


Pourtant, dès novembre 2013, sous la présidence de Macky Sall, alors que lui-même avait été cosignataire de l’abolition neuf ans plus tôt, un projet de loi de restauration de la peine de mort était porté par l’un des députés de sa propre majorité devant l’Assemblée nationale. Ce projet fut rejeté mais, pour autant, le duel entre partisans et opposants de la peine de mort ressurgit constamment.


Fin 2016, le chef de l’État, Macky Sall, se prononçait officiellement en faveur de la prison à perpétuité pour meurtre et annonçait qu’il opposerait son veto à toute nouvelle loi en faveur de la peine de mort. Pourtant, aujourd'hui encore, l'opinion est interpellée. Dans le pays, des associations diverses militent selon leurs convictions pour ou contre le retour de la peine capitale.


Parmi les pays voisins, la peine de mort est toujours en vigueur en Mauritanie, au Mali et en Gambie (pays enclavé dans le Sénégal), tandis que la Guinée-Bissau et la Guinée l’ont abolie. Chacun de ces pays, naturellement, représente un vecteur de pression supplémentaire.


Rien n’est acquis, jamais, en matière de droits humains.